L'Echo: 11 février 2012 par Christine Scharff
Il aura fallu le temps - les négociations ont pris plus de quatre mois - mais un accord de principe a finalement été conclu. Entre Dexia, la Caisse des Dépôts française, La Banque Postale et l'État français, il concerne la mise sur pied d'un nouvel outil de financement du secteur public en France, avec dans la foulée, la cession par Dexia d'une grande partie de sa filiale Dexia Municipal Agency (Dexma).
Le démantèlement avance
Pour Dexia, c'est la troisième étape importante dans la réalisation du plan de démantèlement décidé en octobre, après la vente de Dexia Banque Belgique à l'État belge et l'accord sur la cession de Dexia BIL au fonds qatari Precision Capital.
Le groupe va encaisser une perte de l'ordre d'1 milliard d'euros sur la transaction, qui a toutefois pour mérite de réduire à la fois sa taille de bilan et ses besoins de liquidité.
L'état français à la rescousse
Les grandes lignes du schéma, aménagé par rapport au plan initial d'octobre, où la CDC devait porter 65% de la structure, avaient fait l'objet de fuites ces derniers jours: un nouvel établissement de crédit est créé qui sera détenu par l'État français (31,7%), la Caisse des Dépôts (31,7%), Dexia Crédit Local (31,7%) et la Banque Postale (4,9%).
Cette nouvelle société sera la maison-mère de Dexma, société spécialisée dans le refinancement des crédits au secteur public, dont elle détiendra 100% du capital. Le nombre de personnes qui seront transférées dans la foulée du groupe Dexia et de ses filiales vers la nouvelle structure, pour assurer son fonctionnement, n'a pas été précisé.
On apprend par contre que Dexma, qui a été valorisée à 380 millions d'euros (un prix qui pourrait être revu à la hausse comme à la baisse dans les trois ans, mais dans certaines limites), partira bien avec son portefeuille de près de 80 milliards d'euros, parmi lesquels une douzaine de milliards étaient classés dans la "legacy" de Dexia. Ce portefeuille contient également quelque 9 milliards d'euros de prêts à des entités publiques belges - mais cela ne devrait avoir aucun impact pour elles. Cela diminue par contre d'autant la taille du bilan du groupe Dexia. Et la transaction doit permettre de réduire de 12 milliards d'euros les besoins de liquidité du groupe.
